Un projet Labex Arts-H2H
 
en /fr
Les Arts trompeurs
Machines, Magie, Médias

Séminaire : Orion aveugle. Visible, invisible : approches croisées

Deuxième semestre 2016

Ecole Normale Supérieur (ENS), 29-45 rue d'Ulm, Paris. 

Gratuit

Nadia BARRIENTOS, Clément BODET et Thibaut RIOULT organisent un séminaire de recherche intitulé "Orion aveugle. Visible, invisible : approches croisées". Ce séminaire, conduit dans le cadre de la convention avec l’École normale supérieure (Centre Jean Pépin UMR 8230 CNRS-ENS), est associé à celui de X. Papaïs « Sentir à distance (II) », mêmes lieux et dates.

 

Dans un temps que domine le spectacle, saturé ad nauseam d’images consommables et par suite consumantes, il importe de se pencher à nouveau sur la visibilité du monde. Toute perception entrelace deux dimensions qui dépassent toujours les limites de l’objectivation directe : le visible et l’invisible.

 

L’art, par excellence, ouvre aux secrets du visible. En effet, il n’est jamais une pure donation d’objet. Qu’il capte ou convertisse le réel sur le mode d’un « miracle sans transcendance » (Michel Deguy), il creuse toujours une ligne de fuite vers l’invisible : esquisses, ombres, vibrations, nuances, effacements, apparitions, déchirements. Selon des « voies indirectes », occultes ou latentes. Exercice spirituel, l’image ouvre un foyer de tensions, attractions ou répulsions, qui tisse entre les êtres des liens d’empathie. Ces derniers entrecroisent les regards, tressent des participations, fascinantes ou libérantes. En cryptant notre vie sensible dans l’invisible, l’image alors ouvre une chambre d’échos, lieu premier de toute mimésis. Ce qui se joue en elle, c’est donc le tissage de continuités sensibles, premières voies d’accès au monde ambiant. À la question rebattue des « pouvoirs de l’image », on souhaite substituer celle de la puissance imaginale, matrice de toute expérience sensible.

 

Marcher : créer. D’après Claude Simon, on se place sous le signe d’Orion aveugle, le géant qui découvrait la vision en marchant, recréant son regard à chaque pas.

 

Aussi propose-t-on un dialogue entre deux formes extrêmes de la représentation : l’illusionnisme et la photographie, la mystification et la restitution du voir. La photographie s’attache au référent direct et impose la force d’une apparition qui nous rapte. En sens inverse, l’illusion met en scène l’impossible par les ruses de la feinte, lance un défi démiurgique à l’ordre naturel, aux limites du visible : elle fait tournoyer la direction de tout regard. Dans ces deux cas extrêmes, toute visée objectale se trouve bouleversée, et renvoyée vers une dimension charnelle plus profonde.

Programme
Salle Paul Celan, 45 rue d'Ulm

 Retour au sommaire
Salle Cavaillès, 45 rue d'Ulm

 Retour au sommaire
Salle Paul Langevin, 29 rue d'Ulm

 Retour au sommaire

Ajouter un commentaire

Un projet Labex Arts-H2H